Passages à Sarajevo, Christophe Solioz (Paris: Riveneuve, 2019), approx. 200 pp.



Sarajevo ville hiéroglyphe, texte dont le phrasé urbain scannde des images comme dans un rêve. “Les images de l’espace (Raumbilder) sont les rêves (Traumbilder) de la société. Chaque fois que le secret d’une image de ce genre est découvert, c’est le fond même de la réalité sociale qui se manifeste,” souligne Siegfried Kracauer.

Constellation d’instantanés, mosaïque d’observations particulières, Passages à Sarajevo expose un montage de miniatures urbaines et d’images dialectiques. “Il ne faut pas dire que le passé éclaire le présent ou que le présent éclaire le passé. Une image, au contraire, est ce en quoi l’Autrefois rencontre le Maintenant dans un éclair pour former une constellation,” dit Walter Benjamin.

Passages à Sarajevo renvoie à mes multiples allées et venues, évoque une ville en transition entre guerre et paix, et rappelle que ce qui peut être aimé en l’homme est passage (Nietzsche). Manifestation onirique d’une époque (Benjamin), les passages ne se trouvent pas à Sarajevo sous quelques arcades, la ville tout entière est passage.

Ville miroir qui dévoile, Sarajevo - ça me regarde. À ceci près que le je appelle le tu. Aux miniatures urbaines s’ajoutent des citations complices de Bogdan Bogdanovic, Ivan Straus, Dzevad Karahasan et Dario Daco Dzamonja, ainsi que des textes de plumes amies.



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